Aicha Kadhafi veut faire son Aliyah


La fille du colonel, réfugié een Algérie, souhaite s’installer en Israël au nom de la loi du retour. Et met en avant la judéité de son arrière grand-mère. Casse-tête généalogique et géopolitique à venir…
Sacré Colonel ! D’outre tombe, l’ex Guide de feu la République des Masses, tué sans honneur le 20 octobre 2011 sous les coups de son peuple après avoir été « lâché » par ses parrains occidentaux, continue encore de brouiller les jeux géopolitiques, rien qu’avec son arbre généalogique….

Kadhafi a l’union de la Méditerranée dans le sang

Il y avait déjà sa filiation paternelle. De son vivant, il avait occulté tout au long de ses 42 ans de règne sans partage et tenté de verrouiller un « secret » jamais avoué et pourtant largement connu de ses voisins africains comme des officiers de l’armée française. C’est Bakchich qui l’avait exhumé en février 2008 : avant de devenir officiellement Kadhafi, issu de la tribu Senoussi, Mouammar était né Préziosi, du nom d’un aviateur corse du bataillon Normandie-Niemen envoyé dans les années 40 au-dessous de la Libye pour combattre les forces allemandes alliées aux Italiens ; selon les témoignages, il avait été recueilli et protégé par une tribu bédouine après avoir été abattu. Sur l’ile, on espérait qu’un jour, avec l’âge, le colonel reconnaitrait enfin ses ancêtres « maures »…. Las, le colonel est mort, avec son secret resté légende…

C’en est une autre que sa fille Aicha vient aujourd’hui réactiver. Une bombe au compteur jusque là bloqué. D’Algérie, où elle s’est réfugiée depuis le 29 aout avec d’autres membres de la famille, dont sa mère Safia, l’unique fille du colonel a fait discrètement savoir qu’elle souhaitait s’exiler en Israel, en vertu de la loi du retour…. ! Depuis deux générations, les opposants libyens tentaient en vain de répandre cette vieille histoire pour mieux nuire au Guide : selon elle, la grande mère du colonel était de confession juive, puis se serait convertie à l’islam après avoir fui son premier mari, en épousant un cheikh libyen ; de cette union d’amour, était née la maman du petit Mouammar.

Aicha, elle, s’en empare pour mieux sauver sa tête. Ses appels répétés au peuple libyen à soutenir puis venger son père depuis Alger ont en effet usé la patience de ses hôtes algériens, qui tentent péniblement de renouer avec la nouvelle gouvernance libyenne qu’ils avaient été parmi les derniers à reconnaître. Devenue gênante, Aicha, comme sa famille, serait même devenue un enjeu de la normalisation des relations entre la nouvelle Libye et Alger pour passer l’éponge sur le soutien au régime de Kadhafi dont le Conseil National de Transition (CNT) libyen a toujours accusé ses voisins. Ses tentatives pour se voir accueillir en Afrique du sud et au Vénézuela ayant par ailleurs échoué, il ne lui restait plus qu’à recourir à la carte atavique…

Gêne algérienne, indisposition israélienne

Pour y parvenir, Aicha s’est attaché les services d’un avocat israélien, Nick Kaufman, choisi pour la double mission de la représenter dans sa bataille pour défendre la mémoire de son père et lui trouver un pays d’asile. Cet ancien procureur de Jérusalem et du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie a donc saisi à sa demande la Cour Pénale Internationale (CPI) de la Haye pour enquêter sur les conditions de la mort de son père et de son frère Mouatassim, invoquant la charge de « crime de guerre ». En parallèle, l’avocat œuvre à établir auprès des autorités israéliennes qu’Aicha et sa tribu sont bien des enfants de la Torah. Selon la loi juive, c’est la mère qui transmet la religion à ses enfants, et même converti à une autre, le Juif reste « ethniquement » juif. Un argument qui pourrait faire mouche en Israel. D’autant que la descendance Kadhafi y retrouverait des membres de sa famille, qui ont récemment fait leur coming out. Interrogées par une chaine israélienne l’année dernière, avant le déclenchement de l’insurrection à Benghazi, deux israéliennes d’origine libyenne ont ainsi affirmé être des parentes du colonel : accompagnée de sa petite fille Rachel, Guita Brown, dont la grand-mère était la sœur de celle de Mouammar, a témoigné être sa cousine au deuxième degré et confirmé la vieille histoire.
Si d’aventure Aicha et ses proches obtenaient gain de cause, une autre famille dont le pays est placé au ban de la communauté international pourrait alors y songer : celle du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dont les ancêtres, les Sabourjian, seraient également nés juifs…

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